Pour « contextualiser » ces lignes, sachez qu’elles ont été écrites en mai 2020, au début de la crise Covid, avant qu’Eric Zemmour n’entre en campagne. Je trouvais à l’époque le texte fort et osé. Aujourd’hui, s’il conserve son côté un peu provocant, la surenchère des candidats sur le sujet migratoire en a largement atténué la transgressivité à mes yeux…
Je m’appelle Jaylayho.
Je suis un individu très quelconque, un « gouttière » produit à trois milliards d’exemplaires, comme je le dis souvent avec malice. La cinquantaine alerte, issue d’une famille de cadres aisés, vivant plutôt confortablement moi-même en banlieue parisienne.
Mes origines et mon parcours intellectuel ne me destinaient pas nécessairement à devenir le raciste que je suis aujourd’hui.
Bon, vous imaginez d’emblée un néo-lepéno-fachiste en pleine crise existentielle. Et bien non, même pas, ce serait trop facile. Pour me situer politiquement, je vous dirais que, tout comme mon cœur biologique, j’ai longtemps eu mon cœur politique à gauche, avec les idées progressistes et humanistes qui allaient de pair. Je m’en suis lentement écarté, ne me reconnaissant plus dans certains dogmatismes socialistes.
Je ne me sens pas pour autant de droite, bien que sa frange modérée ait eu ma préférence ces dernières années. Ma confiance en la nature humaine est bien trop limitée pour la laisser réguler « librement » nos interactions économiques et sociales.
En fait le dogmatisme politique, de quelque bord qu’il soit, me laisse perplexe. Je vote en fonction de la situation et des besoins du moment, pas en fonction de mes convictions politiques personnelles.
Bref, cette parenthèse pour vous dire que, contrairement aux apparences, je ne me sens rattaché à aucun parti ni aucune chapelle. Je me plais bêtement à croire que j’observe et pense avec la froideur d’une truffe de clébard enrhumé. Mon aversion à l’Etranger ne m’est d’ailleurs pas apparue autrement. Cela méritait d’être précisé avant de plonger plus profondément dans les sombres entrailles de ma pensée.
Longtemps d’ailleurs, les considérations « raciales » sont passées complètement en dehors de mes radars. Durant mes études, il y a une trentaine d’années, je m’étonnais quand même parfois d’être pratiquement le seul « caucasien » dans le wagon de RER qui me ramenait de Paris, mais la remarque ne prenait pas plus corps que cela dans mon esprit. Plus tard, au début des années 2000, un proche empruntant quotidiennement ce même RER pour travailler sur la capitale me disait avoir le sentiment de ne plus être en France dans les correspondances de certaines gares.
C’est ainsi que ma conscience du problème a timidement commencé à émerger. Je dois aussi avouer qu’elle s’est nettement renforcée lors de la mise en place des fameuses lois SRU, qui imposaient un quota de 25% de logements sociaux par commune, et des pénalités pour celles qui ne l’atteignait pas : amendes salées, perte par la mairie de l’attribution des HLM de sa commune, préemption de terrains ou propriétés pour construire d’office des logements sociaux, etc…Ma charmante et bourgeoise petite ville d’Ile de France a dès lors commencé à se transformer dans sa population. Les villageois se le faisaient parfois remarquer bien sûr, mais du bout des lèvres, hein, le sujet était tout de même légèrement casse-gueule, et on était entre gens bien. Aujourd’hui encore, lorsque je consulte un certain site spécialisé dans l’évaluation par ses habitants de la qualité de vie dans les villes françaises, force est de constater que je ne suis pas le seul à avoir remarqué ce léger changement en France.
Mais comment en était-on arrivé à cette situation disons… perturbante, me suis-je questionné. Il est dans la logique « héraclitienne » que les choses ne restent pas figées, mais tout de même, le réveil à cette réalité particulière était assez brutal.
Armé d’une pincée de bon sens et d’une larme de sens analytique, j’ai donc cherché à comprendre le pourquoi du comment, en rembobinant le film et décortiquant les étapes importantes du scénario.
Soyons clair, il n’a jamais été question pour moi de réaliser une étude scientifique nourrie de statistiques indigestes. C’est tout l’avantage d’être raciste, il n’est pas nécessaire de se justifier. Non, assis tranquillement dans mon canapé, le soir ou le week-end, avec mes modestes connaissances économiques et sociétales, je tentais nonchalamment d’esquisser le processus socio-économique qui avait abouti à ces constats.
Deux faits marquants se sont imposés à mes cogitations. Tout d’abord j’ai réalisé que nous étions un pays qui structurellement ne créait pas assez d’emplois, et ce depuis quarante ans. On pourra toujours débattre des origines du phénomène, le fait est globalement admis me semble-t-il. Outre un coût du travail assez élevé, j’ajouterai simplement qu’une des explications tient à l’inadéquation entre formation des travailleurs et besoin des entreprises, qui a contribué au maintien du chômage de masse en France.
Malgré cela, et ce sera le deuxième fait notable, nous avons accueilli beaucoup d’immigrants depuis des décennies. Ils étaient en grande partie africains, arabes, souvent musulmans, plutôt défavorisés socialement et justement pas vraiment qualifiés. Certains ont trouvé leur place en France car il y avait tout de même des besoins dans quelques secteurs de l’économie, mais ce ne fut pas le cas pour tous, loin de là.
Rendu à ce point de ma réflexion, je me suis logiquement demandé pourquoi nous avions poursuivi la politique de l’open-bar migratoire, alors que nous ne pouvions pas fournir de travail à ces arrivants. Mauvaise conscience d’ex-colonisateur convertis à l’humanisme ? Manque de lucidité ? Inertie bureaucratique ? Terrorisme intellectuel de la gauche qui interdisait le débat ? Un peu de tout cela sûrement. Toujours est-il que le résultat théorique de ce cocktail m’est apparu cohérent avec ce que je constatais ou supputais aujourd’hui en France :
– une population immigrée pour partie mise à l’écart, voire ostracisée dans des cités ghettos, sans travail, sans avenir, en souffrance et en colère.
– une population qui de ce fait coute plus cher en aides diverses et prestations sociales.
– une population qui pose plus de problème de délinquance que la moyenne, la misère matérielle entrainant souvent la misère intellectuelle.
Mais il est bien difficile de quantifier précisément le phénomène car les statistiques ethniques, donc liées à l’immigration, sont interdites en France…Ce n’est vraiment pas de chance ça…
Vu sous cet angle donc, les lois SRU n’avaient en fait jamais eu vocation première à favoriser la mixité sociale. D’ailleurs aurait-elle été à ce point nécessaires si tout le monde avait eu un job… ? Non, les lois SRU visaient juste à « saupoudrer » plus équitablement les emmerdements sur tout le territoire.
Ce début d’analyse détonnant m’a ouvert des perspectives intéressantes dans la compréhension de la maladie qui me rongeait.
J’ai non seulement compris pourquoi les étrangers me posaient problèmes, mais aussi pourquoi la « réprobation étrangère » gagnait régulièrement du terrain en France.
Le mal s’est révélé être profondément enraciné dans ma carcasse, et surtout visible dans le lien étroit que je faisais entre « l’Etranger », plus précisément le musulman d’origine arabe ou africaine, et la délinquance. Entre le « Black » ou l’ « Arabe», et les nombreuses prestations sociales que notre Etat Providence pourvoyait aux personnes dans le besoin.
Ah oui, ça pique un peu les yeux à la lecture, mais que voulez-vous, raclure d’un jour, raclure de toujours…En plus je ne prenais même pas la peine de m’appuyer sur des statistiques précises pour étayer mes dires, bref la honte totale…
Le raisonnement est-il faux pour autant ? Est-ce si aberrant et honteux de supposer que statistiquement parlant, plus on est démuni matériellement et intellectuellement, plus on crée de problèmes sociaux et plus on coûte à la collectivité ? Si ce postulat peut être retenu, alors on peut aussi admettre que nos amis africains et arabes de France posent plus de problème, non pas du fait de leur couleur de peau, mais simplement parce qu’ils sont majoritairement issus de milieux désargentés, défavorisés, et surreprésentés dans les catégories sociales inférieures qui souffrent du chômage.
Alors quoi, finalement mes méditations ne seraient pas totalement hors-sols? Hum, attendez la suite avant de m’absoudre. Le raisonnement développé ci-dessus me semble donc si limpide que depuis quelques années, je ne peux plus croiser un étranger, ou même un Français d’origine étrangère, sans opérer un raccourci intellectuel brutal, qui prend sa source dans notre politique migratoire, et se téléporte façon Star Trek à la conclusion lapidaire que ledit individu ne devrait pas être là. J’ai beau savoir que nous avons parfois eu besoin d’immigrés pour notre économie, j’ai beau concevoir que leurs origines ne sont pas la cause des troubles et coûts qu’ils engendrent, ce raisonnement s’impose systématiquement à mon esprit dérangé. Comme je croise désormais pas mal d’étrangers dans ma ville et plus généralement en Ile de France, j’en arrive tristement à me fatiguer moi-même. J’en ai marre de radoter sur le même sujet comme un vieillard semi-liquide, marre de mon pays aussi. Je voudrais penser autrement, positivement en fait, ou juste penser à autre chose, mais cela me semble difficile en l’état actuel des choses. Pauvre de moi…
Le plus dramatique, c’est que j’ai le sentiment d’avoir parfaitement conscientisé mon problème. Je réprouve la présence étrangère par la faute de nos gouvernants successifs, que j’accuse ouvertement d’avoir fabriqué l’essentiel du racisme ou de la réprobation qui sévissent en France. Par leurs politiques migratoires irresponsables, ils m’ont inoculé l’image de l’Etranger-délinquant, ou de l’Etranger-pompeur de subsides publiques. Ils m’ont transformé en individu intérieurement râleur et mécontent, victime d’un virus crée de toutes pièces dans les labos fous de notre machine étatique, et finement baptisé « Racistus Coleris », par opposition au « Racistus Ethnicus » qui en est une variante plus virulente et plus difficile à soigner.
Non seulement l’Etranger, pris dans son individualité, me pose un problème par sa présence physique, mais c’est encore pire si je le considère dans une dimension socio-démographique. Je n’ai pourtant rien me semble-t-il d’un conservateur ou d’un réactionnaire. Pour moi les homos peuvent se marier, et les herbes pourraient éventuellement être légalisées dans un cadre très strict. Dans le prolongement de cette profession de foi progressiste, je ne conçois pas une société française « entre blancs », c’est à dire sans la présence objectivement enrichissante de cultures différentes, blacks et arabes en têtes.
Mais j’aimerais aussi pouvoir dire sans provoquer un tollé que je ne conçois pas non plus mon pays avec une coloration trop africano-arabo-musulmane.
Et j’aimerais surtout pouvoir tenir ces propos sans que nos concitoyens étrangers ne se sentent insultés, punis, ou pointés du doigt, il y aurait d’ailleurs sur ce point un énorme travail pédagogique à mener pour leur adresser les mots justes et rassurants. Pour ma part je comprendrais parfaitement le ressenti d’un marocain se plaignant de croiser trop de bobos-parisiens-à-gros-4×4-polluants dans les rues de Marrakech, mais il faudrait que ce marocain puisse entendre le même type de discours quand il vit en France.
Après maints attentats islamistes en France, le gouvernement commence à peine à pointer l’immigration comme facteur aggravant du terrorisme. Il a un train de retard à mon avis, du moins par rapport à celui dans lequel nous voyageons depuis quelques années déjà, mon Racistus Coleris et moi.
La question que je me pose aujourd’hui, c’est effectivement la place que l’on peut et veut raisonnablement accorder en France au monde arabo-africano-musulman pour les décennies à venir. J’ai une bonne raison de me la poser : ma maladie m’a stupidement convaincu qu’il n’y aura jamais de société française apaisée et fraternelle, bien au contraire, si nous restons sur cette trajectoire sociétale. Ses effets à venir m’apparaissent si délétères à tant de niveaux différents que je ne vois pas d’autre solution efficace que l’application stricte du principe de précaution.
Mon froid pragmatisme plaide donc pour une réduction de la présence étrangère France. Il ne s’agit évidemment pas d’imposer mon point de vue, mais l’enjeu est suffisamment lourd de conséquences à terme pour que l’on prenne la peine, a minima, de s’interroger tous ensemble sur le sujet, sans nous en tenir aux habituels propos lénifio-anesthésiants des positivistes humanistes qui ne jureront naïvement que par les lois de la république ou les vertus de la nature humaine pour contenir les problèmes, oubliant que c’est la démographie et donc le nombre qui à la fin des fins fera la loi.
Et surtout mes chers concitoyens, il faut s’interroger maintenant, pas dans trente ans, quand il sera trop tard… Cela pourrait impliquer, d’une part, de relancer en toute priorité notre politique de la natalité, cruciale pour un régime de retraite «équilibré» et ne nécessitant pas un recours massif à l’immigration et à la dette, et d’autre part, de revoir notre politique du droit d’asile. Sur ce dernier point, la constitution étant ce qu’elle est actuellement, j’avoue ne pas voir à ce jour de solution acceptable à cet effroyable problème en gestation.
Quoi qu’en dise nos gouvernements, qui pratiquent comme très souvent un optimisme forcé mâtiné de politique de l’autruche, je ne pense pas que nous allions vers un monde meilleur. Les dirigeants populistes qui essaiment de par le monde, les bouleversements technologiques et climatiques à venir, les crises économiques, sociales et sanitaires récurrentes, tous ces phénomènes conjugués vont autant impacter les économies les plus vulnérables que les relations internationales, et le doublement de la population africaine à 2,5 milliards d’individus d’ici trente ans risque très probablement de précipiter des millions, voire des dizaines de millions de gens aux portes de l’Europe et de la France, créant une vague migratoire absolument sans aucune commune mesure avec ce que nous avons déjà vécu. La crise syrienne aura des airs d’après-midi-goûter au parc à côté de ce qui nous attend. Et personne pour ne serait-ce qu’évoquer ce potentiel cataclysme à venir. On préfère se dire que le pire n’arrivera pas… Mais si cela arrive ? Comment allons-nous concilier nos obligations morales d’aide aux peuples en souffrance et la préservation de notre économie et de notre société ? Dans l’hypothèse folle ou j’aurai vaguement raison de m’inquiéter, je me demande bien comment les âmes généreuses de notre pays vont pouvoir choisir entre la peste de la fermeté et le choléra de l’ouverture. A moins qu’elles ne laissent la haine et la violence trancher à leur place. Oui, en fait c’est plus dans leurs habitudes de la jouer comme ça, suis-je bête.
Mais revenons à mon cas désespéré. Etrange paradoxe que voilà, mes chers frères d’Afrique et d’Orient. Je veux vivre avec vous dans la joie, le partage et l’harmonie, mais sans que votre présence et votre culture ne prédomine dans mon pays. Je veux vous aimer sincèrement et sans arrière-pensée, mais il me semble inévitable pour notre bonheur commun que cela passe par une réduction de votre « communauté » dans notre société. Moins vous voir pour mieux vous intégrer et protéger ceux qui vivront avec nous, la formule est aussi difficile à énoncer qu’à entendre, mais elle me semble tellement logique.
Après ces mesures énergiques, il faudrait encore un peu de temps pour faire évoluer les mentalités des sales types comme moi, mais un jour viendrait ou les blacks et les musulmans présents en France seraient vraiment et enfin nos frères et nos égaux. Nos gouvernants n’auraient plus besoin de faire de régulières et pauvres déclarations martiales de principe, ou de pondre des lois à la chaine pour écoper péniblement d’un racisme s’insinuant de toute part à travers la coque poreuse du paquebot France. Non, cela ne serait plus nécessaire, parce qu’avec le temps, le cœur des gens aurait tout simplement changé. L’Etranger ne serait plus perçu comme une personne en trop dans le paysage, il serait à sa juste place, parmi nous. On pourrait alors vraiment espérer une société solidaire et apaisée. Et moi je serais enfin guéri de ma maladie. Je vous écrirais peut-être une dernière lettre, intitulée « autopsie de mon défunt racisme».
En attendant ces temps bénis, je me livre sans hésiter à la vindicte de la bien-pensance. Tel un martyr sacrificiel, ou un Léonardo Di Caprio bras en croix à la pointe de son Titanic politique, je veux bien exposer au grand jour mes déviances pour peu que de celles-ci naisse une prise de conscience.
Certains d’entre- vous sont bien évidemment déjà sensibilisés au sujet. Je voudrais donc pour finir m’adresser à tous les autres, à ceux qui sont contre, à ceux qui s’en foutent, à ceux dont le radar ne s’est pas encore allumé, et surtout à tous ceux qui n’ont pas conscience qu’ils ont simplement peur d’endosser les habits du salaud de service en abordant le sujet.
Bien avant une adhésion à mes propos, ce que j’attends de vous, mes chers concitoyens, c’est de relever un défi aussi énorme que central : celui d’accepter un questionnement public sans rond de jambe ni langue de bois, donc forcément douloureux et déstabilisant, sur la société que vous voulez dans les prochaines décennies. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas faire l’impasse sur ce débat collectif au prétexte qu’il est dérangeant. Ce qu’il en ressortira n’est ensuite que simple affaire de démocratie. Pour ma part si une majorité adhère au processus en cours actuellement, j’en prendrai démocratiquement acte et quitterai simplement mon pays.
Alors soyez courageux mes amis, soyons tous courageux, et discutons ouvertement de l’impact actuel et à venir de la politique migratoire en cours, dans le respect des personnes qui seront au centre de ce débat ultra-sensible.
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