De la situation de la France, du grand sacrifice à venir

(Article rédigé en 2022)

Il en va ainsi pour les êtres humains, les villes, les pays. La vie de ces entités est rythmée par les décisions qu’elles doivent prendre au cours de leur trajectoire terrestre.

Petit choix du quotidien, grandes orientations plus impactantes, même l’absence de décision en devient une, de par les conséquences qu’elle ne manque pas d’engendrer. Rien ni personne ne peut y échapper.

La nation France, soumise à cette loi immuable, a fait deux choix absolument fondamentaux il y a cinquante ans.

Le premier éclaire aujourd’hui notre attachement collectif de longue date à l’Etat Providence, c’est celui d’un niveau de protection sociale élevé.

Le deuxième choix déterminant fût celui d’une immigration importante, réclamée à une époque par un patronat voulant disposer d’une main-d’œuvre abondante et bon marché.

Si ces deux constats sont connus, au moins des esprits les plus lucides et objectifs, les conséquences ne le sont pas moins, qui nous ont plongé dans une spirale dangereuse. Détaillons-les.

D’un côté, le coût du travail élevé a dégradé la compétitivité des entreprises, qui ont massivement délocalisé vers des horizons moins couteux. Les licenciements devenant la règle, le droit du travail s’est fait plus protecteur pour le salarié, protégeant mieux les privilégiés déjà dans la place. Mais reléguant de plus en plus de travailleurs dans l’inactivité du fait des contraintes fortes qui pèsent sur une entreprise au moment d’embaucher ou de licencier.

Donc toujours moins de salariés, et pas assez de richesses créées, mais pas moins de protection sociale pour autant, au contraire, puisque la précarité et la pauvreté progressaient. Le serpent a commencé à se mordre la queue…

Les prélèvements sociaux n’ont cessé de monter depuis les années 90, alimentant notre faible compétitivité mais, ô triste ironie, sans pour autant suffire à financer nos dépenses sociales.

Le corollaire de ce constat est amer : la dette est devenue la béquille indispensable de notre société. Pour être plus cruel mais aussi plus précis, on devrait même dire que notre modèle social est intubé et sous respirateur artificiel depuis 30 ans.

La dette française est faramineuse, gigantesque, définitivement « hénaurme ».

Sans nous en rendre forcément compte, elle pèse tous les jours de tout son poids dans notre quotidien. Les lenteurs de la justice, faute de personnel, les hôpitaux qui manquent de masques, de lits, de matériel, le personnel soignant et infirmier démotivé parce que débordé et pas assez payé, les commissariats crasseux, avec leurs voitures hors d’âge, leurs équipements usés jusqu’à la corde…tout cela, ce sont les dégâts collatéraux de notre dette abyssale. Non seulement nous n’avons théoriquement pas les moyens de donner plus d’argent aux administrations réellement sous-dotées, mais plus triste encore nous avons théoriquement à peine les moyens de les maintenir en leur état actuel de délabrement, puisque lesdits moyens sont déjà financés par de la dette… ! C’est une tiers-mondisation qui ne dit pas son nom.

Si nos administrations sont lourdement impactées par nos choix passés en matière économique et sociale, le corps social français s’en sort un peu mieux grâce à notre système de redistribution, mais il n’a pas été totalement épargné. Si l’on met de côté les dernières années, qui ont vu la compétitivité de notre économie s’améliorer un peu, force est de constater que la dégradation économique de ces quarante dernières années marche main dans la main avec la dégradation sociale, les deux favorisant la progression des incivilités et des violences, mais aussi le recul du niveau scolaire, de l’expression orale et écrite, de la culture générale. Il y aurait tant d’autres indicateurs de cette décadence, mais passons….

Ce tableau relativement sombre est pour partie aussi le résultat de notre politique migratoire, essentiellement issue des mondes africains et musulmans, dont les ressortissants sont globalement peu qualifiés, et moins éduqués. Cette masse qui a cru, et croit encore d’année en année, élargit la base de notre pyramide sociale et ne peut que tirer vers le bas le niveau moyen français, d’autant que nous n’avons pas mis les moyens de bien les intégrer.

Dans un pays qui présente un problème structurel dans la création d’emploi et une certaine générosité dans ses aides sociales, cette politique ne pouvait qu’accentuer le chômage, la précarité, les déficits, et la dégradation de l’environnement économique et social.

La question identitaire et sécuritaire liée à l’immigration est aussi devenue prégnante. Les langues se délient maintenant au-delà des cercles pauvrement qualifiés par certains d’«extrémistes », les chiffres impartiaux sortent et parlent aussi. Et si les principaux responsables de cette situation crient toujours aux loups fascistes, leur voix porte de moins en moins dans l’opinion, il suffit de voir les votes du deuxième tour de la présidentielle de 2022.

La dégradation, le déclassement du pays sont pourtant bien réels, mais cela requiert un minimum de volonté pour le voir. Je vais user d’une image pour définir ce qui altère le jugement de nombre de français.

Il faut imaginer une simple personne comme vous et moi, au pied d’un mur de brique faisant 10 kilomètres de haut sur 1000 kilomètres de large, et représentant la France. Impossible de l’appréhender physiquement dans son intégralité.

Alors certains ne voudront voir que les briques que le pays remplace, à crédit en général, et diront que le mur est toujours debout voire même que les choses s’améliorent. Mais ils refuseront de voir toutes celles qui se dégradent ou tombent, fragilisant l’ensemble.

Un esprit un peu objectif s’éloignant du mur verrait que le rythme des briques qui tombent ou pourrissent est supérieur à celui des briques que l’on répare ou remplace, et qu’à terme le mur menacera de s’écrouler. On pourrait presque utiliser la même analogie pour le changement démographique à l’œuvre dans notre pays, si l’on ne parlait d’êtres humains cette fois…

Tout l’enjeu de compréhension de notre situation est là, je l’ai déjà pointé par ailleurs : l’échelle de temps d’une nation n’est pas l’échelle de temps d’un être humain. Il faut beaucoup plus de temps pour abattre un pays encore fort comme la France que pour descendre un ménage de français moyen. Mais la dynamique de délitement du pays est bien enclenchée. Elle est lente et commence à peine à se voir, ce qui permet encore aux humanistes et gauchistes de le nier à bon compte. Mais la maison a déjà pris feu, et il faudra beaucoup de temps pour stopper l’inertie de ce mouvement.

Hélas nous n’avons pas le temps d’attendre que nos dettes deviennent fatales. Nous n’avons pas le temps d’attendre que notre économie soit moribonde et incapable de produire les richesses que notre modèle social nécessite. Nous n’avons pas le temps d’attendre que le remplacement d’une population par une autre soit criant et irréversible au point de fracturer tragiquement notre pays.

Notre modèle ne marche pas, il n’est pas à l’équilibre, c’est juste une évidence. Il ne tient debout que par la dette pour l’instant, un pis-aller qui trouvera sa limite le jour où les prêteurs perdront confiance en notre pays.

Trop d’impôt tue l’impôt, dit-on. A quand le nouvel adage « trop de morale tue la nation » ?

Ainsi je prends le pari dans ces lignes que si nous ne réduisons pas notre dette et nos dépenses, nous finirons en défaut de paiement, ou à minima attaqués massivement par les marchés financiers, avec à la clé des coupes brutales dans les retraites, les salaires des fonctionnaires, les services publics, et peut-être un jour saisie sur les comptes bancaires des particuliers. Ce sera dans 20 ans, ou peut-être dans 40…je ne suis pas devin, mais cela adviendra un jour, nos choix et le temps jouent contre nous.

Dans le même ordre d’idée, je serai prêt à miser un gros billet que si l’Europe n’adopte pas rapidement des mesures fortes pour contrer « Le Grand Envahissement » qui se prépare depuis l’Afrique et l’Orient, et précèdera le « Grand Méchant Remplacement » que récusent certains, beaucoup d’états membres s’assiéront sur des lois européennes hors-sol qui les empêchent de se protéger, avec le risque de faire imploser l’UE, mais aussi les peuples eux-mêmes, dans une guerre des communautés.

Je conclurai en deux points cette analyse personnelle.

Le premier, c’est que nous sommes désormais clairement victime de nos propres valeurs sociales et humanistes, poussées à un paroxysme devenu toxique et contre-productif. La redistribution passe avant son financement. L’accueil des populations étrangères passe avant leur utilité au pays, avant leur impact financier, social, et identitaire.

Enfin le deuxième, qui découle du premier, m’apparait aussi limpide que douloureux, mais reste sûrement inconcevable à ce jour dans un esprit français moyen : dans le monde chaotique qui se profile, nous n’aurons pas d’autres choix, dans les années à venir, que de raboter certaines parties de nos valeurs morales et sociales, simplement pour en sauver l’essentiel, et par là-même, nous sauver nous-même.

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