Au début j’adorais les pubs gentiment nunuches de Carglass. Chaque nouvel opus me semblait repousser un plus loin les frontières du comique involontaire en matière de jeu d’acteur, à ma plus grande joie je l’avoue. Avec leurs intonations bêtasses et chantantes de débutants qui récitent mal, leurs airs de premier de la classe, les « stars » des pubs Carglass étaient pour moi un délicieux must de la kitscherie télévisuelle. Hélas, vous me connaissez un peu peut-être, l’esprit sombre et tordu, la langue de pute bien pendue….Bref, la récurrence du constat a fini par introduire le ver visqueux du doute dans le fruit acidulé de mon plaisir coupable…Et je suppute désormais que la Direction de Carglass, conseillée en cela par quelques pubards envapés aux herbes illégales, ne diffuse en toute conscience ces offenses à la publicité testimoniale. Parce que les vrais gens qui parlent faux, ça fait tellement plus naturel et authentique, comprenez-vous.
J’ai un mal fou avec les êtres design’s et géométriques des défilés de mode. Avec les hommes et les femmes « parfaits » des magazines, des publicités, des bars branchés et autres start-ups. Ils révèlent notre désir d’être « autre », d’être « plus », d’être ce que l’on se rêve d’être mais que l’on n’est pas. J’ai deux mauvaises nouvelles pour tous ces agaçants stylisés qui ont oubliés l’humilité qu’impose notre condition. La première c’est qu’ils ont toujours un trou du cul caché sous leurs vêtements griffés, et la deuxième, c’est que ce n’est pas près de changer.
Un lieu qui présente une concentration invraisemblablement élevée d’êtres designs et géométriques, c’est la concession Audi. Aucune chance, dans ces vastes hall d’expo épur-aseptisés, de croiser autre chose qu’un joli tailleur ou un petit costard fashion, moulant de près une enveloppe sexy et charmeuse. C’est donc un lieu très agaçant pour la multitude des corniauds anonymes dont je fais partie. Du coup j’ai l’impression d’aller au zoo quand je fais réviser ma voiture. Mais il faut savoir ce que l’on veut dans la vie. Audi, c’est la marque des gens biens, et je veux trop être un gens biens moi aussi, alors je roule en Audi.
La « coolitude » ne s’applique pas seulement aux bipèdes, elle touche bien évidemment leurs incontournables, comme la voiture par exemple. Le design encense désormais les engins aux futurismes frôlant le granguignolesque, avec des angles acérés, des regards courroucés, des griffes rageuses et des dents prédatrices à chaque coin de carrosserie. Quant aux habitacles, c’est carrément Star trek, j’imagine presque les mecs se pisser dessus de bonheur tellement ils kiffent le minuscule volant carré et le tableau de bord « wow-numérique » façon Enterprise. J’ai parfois envie de leur ricaner au nez en grinçant qu’ils conduisent en fait une pauvre Peugeot. Mais le bon français moyen de trouver ça trop génial. Il se rend au travail dans une ambiance de vaisseau intergalactique, et le soir il rentre dans son 4 pièces des années 70, ensaloné Conforama et cuisiné sauce Ikea….On a les rêves qu’on peut….
Je suis frappé d’une merveilleuse malchance en matière littéraire. Très tôt marabouté par la sophistication rigolarde et surjouée des Achille Talon de Greg, puis par la rabelaisienne liberté de ton et de style des San-Antonio de Frédéric Dard, je me sens aujourd’hui piégé. Fait comme un rat parce qu’incapable de lire la grande majorité des romans…Trop propres, trop fades, pas grand chose qui ne râcle ou ne dépasse, au moins dans le style. Des textes d’adultes, fait par des adultes, pour des adultes, je m’ennuie très vite, voilà ma malédiction….Michedéric Houellebeider, viens me sauver….
J’ai donc essayé de m’encanailler en lisant Bukowski, Les Contes de la Folie Ordinaire. Au bout de trois histoires je me suis fait chier comme un rat mort….Des histoires de losers, de vies cassées, de misère matérielle et intellectuelle…Je me suis demandé, sans trouver de réponse évidente, quel était l’intérêt de cette lecture pour des bobos ou cadres sup aux vie plutôt confortables. Peut-être exprimer leur rebellitude en société ?
« Tu brilles comme un miroir de bordel », lance Henry Fonda a Terence Hill, dans le cultissime « Mon nom est personne » de l’ami Sergio…C’est ce que dirais aussi à mon écriture, si elle était une conscience. Je fais dans le clinquant et le tape-à-l’oeil, c’est vrai, et j’aime ça, je me fais plaisir à déborder du cadre convenu de la littérature bien propre avec la raie sur le côté. C’est comme ça, il faut s’assumer, les amateurs de Joel Dickers, passez votre chemin 😉
Je m’agace parfois de certains intellectuels qui usent et abusent de tournures de phrases sophistiquées et alambiquées au possible, dont la « tortuosité » brouille le fil de leurs raisonnements. Produire une réflexion intrinsèquement qualitative n’est pas suffisant pour eux, il faut en plus que cela se voit et se sache ostensiblement. Et oui, penser est aussi un business.
Contrairement aux bobos qui parlent à tout bout de champ de beeeelles personnes, je suis plus modeste et pense finalement que l’intelligence et la connerie sont juste un même fluide à état variable au sein d’un individu, selon le principe bien connu des vases communicants.
J’aim’ po’ Avatar, finalement….L’humanité y est laide, bête, et invasive, quand les schtroumpfs géants sont évidemment beaux, gentils, et nobles…quant à leur planète, c’est simple, pas un troquet, pas une mobylette, pas la plus petite zone industrielle à l’entrée du village de huttes…le moindre centimètre carré de Pandora est un grotescule enchantement visuel pour mes rétines rétives à certaines naïvetés. Mais il faut bien rêver un peu bien sûr…
Parfois j’arrive à m’extraire de ma bulle, de notre bulle, pour nous regarder de l’extérieur. Parmi les sujets qui m’interpellent, celui du cinéma, et de l’incroyable prégnance des films violents (policier, guerre, horreur…), et de super-héros dans notre société. Le film violent est devenu au cinéma ce que l’air est à nos poumons. La chose est tellement inscrite dans notre paysage ciné et télé que personne ne s’en montre choqué dans une époque pourtant propice à voir fleurir des contestation à la moindre brise . Que révèle ce vieux tropisme mondial ? Essentiellement la tristesse de la condition humaine en fait. Le citoyen occidental lambda serait terrifié de voir surgir une machette ou une goutte de sang dans son quotidien, mais il s’abreuve avec délectation et frisson de toute cette imagerie sur un grand ou petit écran….Une contradiction qui illustre bien notre quête désespérée de sensations et d’émotions, fussent-elle en totale contradiction avec nos aspirations réelles, pour simplement nous « oublier » un peu. L’autre paradoxe : pourquoi cette folie des super-héros ? Pour résoudre une étrange quadrature du cercle me semble-t-il, qui a vu notre pouvoir collectif croitre de façon gigantesque via les progrès techniques et sociaux, sans pour autant que notre fragilité physique ne change fondamentalement. Le super-héros, c’est une catharsis, une projection fantasmée de nous-même, l’expression même de notre frustration refoulée d’avoir une carcasse toujours aussi faible dans une société devenue si forte.
En parlant de super-héros, comment fait Hulk pour aller aux WC ? Rien que sa couille gauche doit complètement obstruer la cuvette non ?
Je me souviens d’un temps pas si lointain, peut-être le début des années 2000 encore, ou le monospace régnait en maitre sur les routes et les coeurs gaulois. Arrhhh…cet espace de vie royal, cette luminosité incomparable, et puis quelle modularité impressionnante…Si en plus on pouvait coller deux pare-soleils Winnie l’Ourson sur les vitres arrières, on touchait carrément à l’orgasme bagnolesque… J’avoue que j’en ai parfois autant frissonné d’horreur que pouffé de rire. Mais hélas ce festin pour les yeux et les zygomatiques est bien révolu. Aujourd’hui, révolution de la coolitude oblige, le français de base ne jure plus que par le 4×4 hautain sur patte et à calandre expressive, beaucoup plus tendance que les machins informes et bulbeux objets de leur précédent fantasme automobile. Alors avec seulement deux roues motrices sous la jupaille, on barbote évidemment dans le faux 4×4 en plastique gonflable non recyclable , mais les sacro-saintes apparences sont sauves, donc vous voudriez quoi de plus hein ?
Un film d’action qui se veut crédible envoie nécessairement « du gros 4×4 noir » à l’écran, c’est quasiment un incontournable du genre. Pour l’homme de pouvoir ou le méchant de service dudit film, le gros 4×4 noir fait sérieux et en impose, contrairement à une Dacia Duster vert pomme. On mesure d’ailleurs l’importance ou la méchanceté du personnage au nombre de gros 4×4 noirs qu’il peut aligner dans ses déplacements. Qui d’ailleurs se doivent tous d’être effectués dans des virages nerveux et des accélérations ronflantes, une règle importante, ça, un gros 4×4 noir ne se déplace jamais dans un film à la vitesse d’un Citroën Pikasso en promenade pour un pique-nique. Ah les humains…..;)
Année du Covid. Ma fille me parle de sushis depuis 15 jours. Hier soir je lui propose de faire un restaurant japonais, et lui en laisse le choix. Je me retrouve dans ce que je nomme couramment une « whyskasserie », comprenez en l’occurrence un de ces hangars à bouffe asiatique « à volonté » comme il en existe souvent en banlieue, sans âme et sans saveur. Morne repas, impression confuse d’offenser mes entrailles. A la sortie, j’ai eu l’envie fugace d’avaler une giclée du gel hydroalcoolique qui m’était proposé.
C’est le week-end, la famille est arrivée pour le déjeuner dominical. La grande tablée festive pourrait s’étirer à l’infini dans l’après-midi grisaillant, mais heureusement l’appel du large se fait sentir, et le petit troupeau se saisit des manteaux pour aller taquiner l’air frais. Dehors, d’autres troupeaux sont déjà en mouvement. Le nôtre rentre dans la danse, c’est une valse lente et triste, dans la morne tristitude du dimanche, mais ils sont quand même heureux. Les yeux mi-clos, le regard un peu vague et satisfait, les mains posées sur leur panse tendue, ils déambulent nonchalamment, entre hoquets et gargouillements, exhalant leurs petites misères organiques. Ce sont les Repus du Dimanche.
Champ lexical et écosystème de l’urbain occidental de base : high-tech et hyper-connexion numérique, vie très très internationale, jetlag, citoyen du monde, voyâââge, exotisme, « open-itude » d’esprit de rigueur. Randonnée, salade de quinoa bio, thé matcha détox, et surtout, surtout, « tu es une belle personne », alors « prends soins de toi ».
Antoine, le chanteur yéyé des années 60…Avec une parcimonieuse constance depuis un quart de siècle, on le voit passer une tête par la porte entre-baillée des médias. Avec sa chemise à fleur signature, son combo’ barbe-tignasse baba cool et son voilier caribéen en arrière-plan, il vient cycliquement faire rêver les pauvres à sa vie de carte postale couleur bleu turquoise, et accessoirement ensoleiller son compte en banque en leur vendant quelques livres sur un sujet qui ne se posera jamais pour eux… Quel sacré finaud-farceur celui-là… 😉
Le rap, omniprésent dans le paysage musical français, un des symptômes frappant de notre déclassement sociétal, par l’élargissement à outrance de la base de notre pyramide socio-économique. C’est la victoire de la culture de la cité, par lente submersion.
Dans le même ordre d’idée, la pub Aldi à la tv, avec son fameux slogan « Place aux nouveaux consommateurs ». Fermez les yeux, concentrez-vous….Vous entendez le phrasé un peu rustre, l’intonation un brin nasale et monocorde ? C’est subtil, discret, pas forcément perceptible à une oreille distraite et non avertie, mais nous sommes en plein dans les codes sonores du langage de la cité. Autre exemple, la pub tv pour le 4×4 Cupra, la nana qui fait de la chute libre depuis le cosmos sans se fracasser la tête en touchant l’océan : même punition avec une voix off un brin lyrique mais hyper-typée banlieue, en anglais cette fois, c’est tellement plus djeun’s. On y frôle la caricature. Tous ces codes et attributs des cités infusent gentiment dans notre société. Certains comme moi y voient les symptômes du déclassement à l’œuvre dans notre pays, quand d’autres vous parleront d’une « merveilleuse richesse » pour notre avenir. J’aimerais pouvoir en rire si ce n’était pas si triste.
L’admiration, l’émotion, et pire encore, la dévotion que suscitent la monarchie anglaise de par le monde me sont totalement insupportables. La seule satisfaction que je tire de leurs épouvantables « grands » évènements royaux, c’est de pouvoir ricaner bêtement qu’on va bouffer du rosbif matin midi et soir pendant une semaine. Saint-Gala, pardonnez-moi pour ce blasphème.
Les publicités tv célèbrent désormais massivement la diversité culturelle et les minorités. Aux entractes, on se doit donc de déguster, avec bonheur s’il vous plait, les couples en noir et blanc, tellement nouveau monde, les homos des deux ou trois sexes et leurs variantes exotiques, gravement hyper-cools bien sûr, et toutes sortes de handicaps-qui-forcent-évidement-le-respect. Désolé mais je ne perçois rien de spontané, de vrai, ou d’évident dans cette basse propagande déguisée en réclame. Juste des récits chaussés de gros sabots qui dégoulinent d’une écoeurante confiture de bien-pensance.
Les critiques de cinéma ne cessent de m’étonner. Combien de fois un film aux avis dithyrambiques m’a-t-il laissé « à la porte », et accessoirement estomaqué par le fossé entre la promesse et le réel ? Un article du Point en 2025 évoquait les risques de black-listage aux avant-premières si les critiques se montraient trop « critiques », pourquoi pas…Cela n’empêche pas de toucher ponctuellement au ridicule tant certains avis professionnels, affirmés pourtant très doctement, se retrouvent diamétralement opposés, que ce soit sur le jeu des acteurs, la qualité d’écriture, ou « l’implication » du réalisateur. Pour quelques oeuvres ou spectateurs et professionnels sont sur une même longueur d’onde, combien d’autres évoluent dans un entre-deux qualitatif et émotionnel propice à un feu d’artifice de divergences ? Là se pose vraiment la question de la norme d’évaluation des professionnels. Préférences profondes, postures intellectuelles, orientations politiques, pressions externes, et même humeur du moment, autant de paramètres non-dits obligeant en fin de compte le cinéphile à décrypter une critique plutôt qu’à en lire simplement les lignes, et à connaitre régulièrement la déception à la fin de la séance… « Qui es tu, pauvre mortel, pour asséner de façon aussi péremptoire la Vérité Cinématographique » ? C’est ce que je me répète souvent après une nième déconvenue…Et j’en reviens toujours à la même conclusion. Tout ce petit monde ne devrait jamais écrire une critique autrement qu’à la première personne du singulier. (encore en travaux...)
Malgré son incontestable talent d’acteur, je me suis longtemps interrogé sur le malaise physique que j’éprouvais à la vue de Michel Piccoli…jusqu’à ce que je réalise que son nom était la contraction de picotement et torticoli………………….Ah ! ah ! ah ! Drôle non ?
Nous avons d’abord eu Elizabeth Borne, la très compétente deuxième femme Premier Ministre de la 5ème république. Maintenant nous avons Gabriel Attal, non moins compétent, qui cumule la double-casquette de plus jeune premier ministre et d’homosexuel. Quel dommage quand même, si les progrès médicaux me permettaient de vivre deux ou trois cents ans , je pourrais voir la nomination à Matignon d’un nain noir handicapé et transgenre (hin hin hin….;)
Décembre 2023, Roschdy Zem joue le maitre d’arme Clément Lacaze dans le film « Une affaire d’honneur ». Février 2024, ce même Roschdy prête ses traits typés au journaliste reporter Vincent dans le film « vivants » (Mention spéciale en passant pour la scène ou il danse, d’une très grande pureté technique dans le ratage cinématographique). En toute honnêteté intellectuelle et factuelle, et du haut de mes 50 ans passés, le monde dans lequel je vis ne m’a jamais offert la possibilité de croiser un homme d’origine arabe qui s’appelle Pierre, Paul ou Jacques. Ce n’est ni un soulagement ni un regret. C’est un simple constat. Mais dans le monde rêvée de la vérole gaucho-cinématographique, un acteur ultra-typé maghreb joue les Vincent ou les Clément, sans que cela ne trouble personne, officiellement du moins….Il y a de quoi glousser, enfin au moins pour moi, le cinéma d’auteur français qui tourne des films de science-fiction à l’insu de son plein gré, ah ! ah ! Quelle blague ! Le réalisme y perd donc ce que le ridicule et la propagande woke y gagnent… Je me demande bien, tiens, si on jouerait autant sur du velours avec un acteur blanc qui se piquerait un jour d’interpréter Martin Luther King ou Nelson Mandela….
Tout le monde a déjà ressenti au moins une fois dans sa vie le désespoir profond qui peut nous saisir lorsque l’on se frotte à l’aide en ligne d’un opérateur téléphonique. On ne se sent pas client quand on a le malheur de devoir en appeler un, on se vit tête d’épingle. Un sentiment de désincarnation suprême avec, à l’autre bout du fil et du monde, une petite main qui ne représente qu’un minuscule rouage de la machinerie télécom. Sa condition de rouage soumis à l’usure du travail taylorisé fait qu’il ne sait rien de vous, qu’il n’a pas à comprendre votre problème, voire même qu’il se moque de votre problème, noyé qu’il est dans son flot d’appels quotidien . Vous êtes une entité lointaine porteuse d’une donnée, il est juste là pour collecter cette donnée et la rentrer dans une case. Avec un minimum de chance, réponse sera apportée à votre question. Et si vous n’avez pas de bol, ce sera le purgatoire, voire l’enfer des appels à répétition, dont le contenu se perdra encore longtemps dans le vide intersidéral. De la numérisation à marche forcée de notre humanité….
Juillet 2024, à la veille des JO. Je suis sincèrement admiratif de ces gens qui un jour ont perdu un bras, une jambe, une tête, et se sont relevés derrière (surtout pour la tête d’ailleurs ;). Mais vous voulez que je vous dise ? Et bien les très consensuels et médiatisés Jeux Paralympiques, ça ne m’intéresse pas ! Ouh le vilain garçon, ah ! ah ! ah !
Depuis des imémorialitées les hommes répandent à tous vents féminins leur semences pour assurer la perpétuation de leurs gènes. J’ai du subir une mutation, moi je répands mon plan de trésorerie annuel sur tableur Excell…;)
Vendredi 21 février 2025, 15h45, instant mémorable…je triche un peu cela dit, j’aurais dû attendre le 30 février ;)…..pour boucler mes 6 mois post-rupture-du-tendon-d’Achille, et recommencer à courir très gentiment…Mon corps assoupi rechigne à cette agitation soudaine, et mes genoux brûlent un peu, mais quelle douce sensation que l’air qui entre en cadence dans mes poumons. De battre mon coeur s’est délecté….
Cela dit, les dieux du running ne m’aiment pas. Pourquoi cours-ge comme une enclume, quand tant d’autres volètent comme des plumes ?
Alors que je me crois lucide et courageux dans mes positions sur la dette et l’immigration, Je suis pratiquement incapable de regarder en face la souffrance abominable que nous infligeons au monde animal. Les normes d’acceptabilité de notre société en la matière sont parfois atterrantes, et à tout le moins en complet décalage avec celles que nous nous appliquons à nous-mêmes, humains. Pourtant c’est la même chair qu’on martyrise et qui souffre. L’élevage intensif m’apparait comme un déni total du droit imprescriptible pour tout être vivant à espérer un minimum de joie et de bien-être au cours de son existence terrestre, fût-elle brève. Mais je continue à consommer de la viande, tout en donnant bien sûr aux associations de défense animales. Un salaud ordinaire quoi…
Les occidentaux de base se délectent régulièrement de documentaires animaliers, sans que cela ne leur provoque beaucoup d’états d’âmes. Pourtant les animaux s’y entretuent, ils y souffrent de faim, de soif, de maladies, et une mort atroce les attend souvent au bout de leur trajectoire terrestre. Mais cela ne choque pas fondamentalement le spectateur, tant ces maux lui semblent indissociables de la condition naturelle de l’animal. Ils n’appellent d’ailleurs chez lui ni critique, ni considération morale sur cet état de fait. Ayant pour ma part une conscience aigue que nous, humains, sommes en fait toujours soumis à cette impitoyable loi de la nature, simplement tenue à distance par la bulle protectrice que forme notre puissante société avec ses gros amortisseurs sociaux, j’avoue que lorsque la noblesse progressiste a des vapeurs parce que la prime de Noel ne sera pas assez élevée cette année, je suis comme pris d’un petit vertige philosophique.
Les films catastrophe hollywoodiens se sont de longue date engagés dans une surenchère de violence et d’effets spéciaux pour appâter le cinéphile popcorneux américain du samedi soir. Ainsi aujourd’hui le minimum syndical pour lui faire soulever une paupière impose de concocter une petite histoire de mise sous chaos total des Etats-Unis, fastoche…Puis, si le scénariste caresse l’espoir de le voir cesser de mastiquer le contenu de son seau de maïs soufflé, il doit bien évidemment viser la classique pulvérisation de la Terre et de toute l’humanité, normal…Mais pour vraiment, vraiment capturer son temps de cerveau disponible, il faut sortir l’artillerie lourde, et parler atomisation de l’univers et ses environs, ou encore plus grave, assassinat du président des Etats-Unis. (nota 2025 : j’ai pondu cette blague acide en 2020, en pensant très fort à Air Force One, avec Harrison Ford, mais depuis Trump, la sacralité de la présidence américaine n’a plus du tout le même goût 😉
Avis très important à mes congénères humains : si un jour vous me croisez sans constater au moins une tâche ou un trou dans mes vêtements, c’est qu’une entité extra-terrestre aura pris possession de mon corps, et que l’invasion de la Terre par une bande d’aliens visqueux aura commencée…ah ! ah !
La Californie, dévorée de flammes gigantesque à l’été 2022, et maintenant (2023) engloutie par de non moins gigantesques inondations. Les habitants en ont de la chance, ils expérimentent en grandeur nature les meilleurs scénarios catastrophe de leur industrie cinématographique locale…
Eté 2023, depuis le Sofitel de Porticcio, face à la magique baie d’Ajaccio, au soleil couchant….une mouette plane paisiblement au-dessus de moi…la poésie de l’instant est éclipsée par un fugace sentiment d’humour teintée de crainte….va-t-elle m’en lâcher une sur la tête ? 😉
Qui aurait cru qu’à 55 ans passés je pourrai affirmer sans mentir que cet été 2023 je pars en colo ? Seule nuance, le mono a fait 10 ans d’études supérieures en médecine, et l’unique sortie exploratoire prévue au cours de ce bref séjour sera dans mon fondement, via une camera endoscopique… ah ! ah !…..Ok, c’est une blague qui tâche comme du gros rouge 😉
Vous me permettez un petit plaisir coupable de transgression ? Vraiment ? Merci c’est gentil 😉 La randonnée, non mais vraiment, quelle activité à la con ! Avec la course, la nage et le vélo, elle trace la figure quadrangulaire de la déprime sportive, dont l’activité proprement physique est d’une neurasthénique monotonie tant le début, la fin et le milieu se ressemblent désespérément . Personnellement je préfère encore un lavement au piment rouge plutôt qu’une marche sans fin dans une salade verte géante, hin hin hin…. Mais le petit occidental de base y développe avec bonheur un sentiment un brin factice et ridicule de « reconnexion » à son milieu d’origine, avec en prime la conviction d’y être au plus près du « vrai », de « l’authentique »…Une gentille blague en fait, pour un bipède qui se ballade avec un smartphone dans les poches et des fringues Kleenex taillées au Bangladesh.
La dernière génération, so djeun’s, a du pouffer d’incompréhension quand Jacques(Seguela)-a-dit « si tu n’as pas une Rolex a 50 ans, tu as raté ta vie ». Trop élitiste et ancien monde ces codes-là, donc peu de chance de lui titiller l’amour-propre. Par contre Jacques aurait pu faire grincer jaune quelques dents s’il avait été moins con-venu. En rappelant par exemple à ce petit monde de la coolitude que, selon ses propres codes, tout être dépourvu de tatouage à l’âge de 25 ans aura lui aussi lamentablement foiradé sa vie. Mais cela n’arrive pas souvent, vous pouvez respirer avec moi. Quiconque fait parti de la secte cache forcément sous ses vêtements quelques points d’encre joliment ordonnés. Un motif à la symbolique puissante bien sûr, et d’un graphisme très très zen évidemment, mais surtout torridemment exposé au creux des reins, ou le long de la cheville à la rigueur. Et le vulgus pecum, d’être secrètement impressionné par ces Etres Elus. En acquérant le statut officieux de must incontournable du jeune occidental intégré-mais-qui-transpire-la-liberté-dans-sa-tête-et-l’exprime-sur-son-corps, le tatouage est devenu l’attribut le plus affligeant et consensuel de nos pseudos-rebelles à la petite semaine.
Ah les voeux de nouvel an…Une figure sociale imposée qui à mes oreilles sensibles sonne creux comme un tambour, surtout quand personne ne se préoccupe de savoir si ont été exhaussés les très sincères voeux que l’on a disséminés aux quatre vents du janvier précédent…;)
Poubelle
Lorsque deux personnes se rencontrent pour la première fois, il y en a toujours bien une pour dire à l’autre « enchanté », sur un ton soft ou enjoué. A chaque fois je trouve l’expression un peu ridicule, et pouffe en secret de la scène baroque qui tourne alors dans ma tête dérangée…
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